Archives mensuelles : juin 2014

Haïti : Il est temps d’honorer Francois/Jean Claude Duvalier pour services rendus à la patrie

Quelqu’un m’a un jour dit que Haïti est une terre d’exception. Ce que j’entends et lis sur cette île a en effet de quoi ébranler les socles de la raison et de la décence.

François et Jean Claude Duvalier - Credit photo : Paroles en Archipel
François et Jean Claude Duvalier – Crédit photo : Paroles en Archipel

Venons-en au fait. Certains se seraient indignés que le grandissime bienfaiteur de la patrie plus connu sous le nom de Baby Doc remette au goût du jour son parti d’un temps passé paradoxalement présent : les merveilleuses années de la dictature. Dans la perspective des élections qui se profile, l’ancien éternel présumé coupable de crimes contre l’humanité se prépare à faire bonne recette et réhabiliter son image ô combien injustement ternie. Après tout, n’a-t-il pas raison ? Pourquoi n’aurait-il pas le droit de rehausser l’éclat de son nom si sali par nos mensonges, nos inventions de massacre ? Que savons-nous vraiment de ce qui s’est passé ?

Jean Claude Duvalier - Crédit Photo : Plongaye
Jean Claude Duvalier – Photo : Plongaye

Que les exaltés se taisent… que les pseudopatriotes, militants, partisans des droits de l’homme, victimes fantômes, etc. avec leurs visions surannées de l’histoire mettent la sourdine. Francois Duvalier et consorts sont pour les Haïtiens ce qu’Adolf Hitler est aux juifs. Un homme au grand cœur envoyé par le Bon Dieu pour nettoyer la terre des rebuts malsains qui la gangrène. Dommage que nombre d’entre nous ne comprennent toujours pas. Jésus n’a-t-il pas, dit-on, été crucifié alors qu’il nous voulait que du bien ?
Oui, il est temps d’honorer cet homme et toute sa descendance pour les services rendus à la patrie. Pourquoi ne pas élever au cœur de la ville de Port-au-Prince une imposante statue, à la hauteur de la compassion qu’il a témoignée pour ces ingrats et amnésiques haïtiens ? Il est temps que le monde sache, il est temps que les journaux, la télévision, internet diffusent la nouvelle, François Duvalier et ses acolytes ont été ce qu’il y a de plus fin, de plus sublime, de plus extraordinaire qui peuvent arriver à Haïti.

Des maisons incendiées avec leurs occupants, des dizaines de femmes, de filles et enfants éventrés, des hommes arrachés de la chaleur du lit de leurs femmes en pleine nuit pour ne plus donner signe de vie. Fort dimanche, ô douce maison de retraite anticipée où celui qui rentre n’en sort pas. Que de mères n’ont pas fini leurs deuils ? Que de fils, de filles pleurent encore leurs disparus ! Qui dit mieux ?

Liberté d’expression bâillonnée, régime de terreur, dictature de la pensée unique, pillage dans les caisses de l’État, misère, cerveaux contraints à l’exil, terreur institutionnalisée, exécutions sommaires, Tonton macoute, image répugnante de l’ile dans la communauté internationale. Qui dit mieux ?

Et avec ça, vous vous insurgez qu’il se réserve le droit de se présenter aux élections ? Ce grand nationaliste, pourfendeur, pardon, défenseur des valeurs de la république, qui a contribué au rayonnement de la Perle des Antilles ? Non, mais sérieusement ?

Francois Duvalier et Bill Clinton
Francois Duvalier et Bill Clinton

Je déclare officiellement, par les pouvoirs divins qui me sont conférés (Ne me demandez pas par qui. C’est divin), que les nations doivent se réunir à l‘ONU et consacrer un jour à la gloire d’Adolf Hitler, Pinochet, Francois/Jean Claude Duvalier et consorts, Staline, Bachar Al Assad et tous les autres grands mécènes de l’humanité, injustement salis, foulés au pied, répugnés et dégouttés à tort. Ce sera justice !

Réclamons le droit de mourir dans la dignité

© Photo J. Robert/MAXPPP
© Photo J. Robert/MAXPPP

De tergiversations sur la légalité aux importunes considérations morales, on en oublie dans ce débat permanent sur la fin de vie de penser humain ! Entre son inéluctabilité et sa récusabilité toujours plus importante par les hauts faits de la science, le crépuscule de la vie exerce sur les sociétés humaines de toujours une attraction hébétée teintée de fatalité et d’effroi.

Car la mort ne sera jamais seulement une affaire technique

Autrefois, l’agonie pouvait s’étendre à l’infini, transformant ce qui avant était humain, en une espèce de tâche repoussante, hoquetant entre la lumière et les ténèbres dans une lutte fatale où les derniers sont presque toujours certains d’obtenir la mise. Ceux qui encore ont le sursis de baigner dans la clarté en arrivent à ne garder de celui qui s’en va que cette image disgracieuse et abominable faisant écran par là à toute une vie de joie et d’efforts partagés.

Mais le monde dans sa marche constante vers le progrès scientifique, philosophique et éthique a évolué. Notre humanité s’en trouve renforcée. Nous avons compris qu’à un certain moment, prolonger la souffrance et l’affliction jusqu’au bout quand tout espoir est évacué relève d’une bestiale cruauté et est, par là, indigne d’une société civilisée. Si hier le doute résultant d’une connaissance chancelante de la nature humaine pouvait de manière légitime retenir l’élan de nos convictions magnanimes, aujourd’hui notre inaction est coupable et même criminelle.

La loi, l’érudition et l’idéologie doivent être au service de l’homme et de la justice, pas l’inverse. Je réclame le droit de m’en aller dignement. Râler lentement, à la frontière de l’humanité, décharné, les yeux hagards, le regard vide et la bave dégoulinant sur le menton sous les regards pitoyables de la famille et du corps médical rendu impuissant sont une réalité d’un autre temps. Quand la loi est absurde, la désobéissance citoyenne doit préserver le bon sens et les acquis fondamentaux. Je soutiens le courage du Dr Nicolas Bonnemaison.

Ici, on ne se pare des habits de la Justice que pour mieux masquer ses perversions dans le bal expiatoire où l’indigent fait figure de bouc émissaire d’un système à visages multiples où l’on est traité selon l’épaisseur de son portefeuille et de son carnet d’adresses. Au carrefour de la déraison, les concepts changent de sens et le peuple perd sa dignité.

Haïti : laissons les dominicains s’emmurer

Des décennies de propagandes anti-haïtiennes ont fini par terrer des millions de dominicains dans un racisme et un repli sur soi primaire, réactionnaire, brutal et injuste face aux Haïtiens. Le dépôt, mardi 10 juin 2014, par le député Vinicio Castillo de la Force nationale progressiste (FNP) d’un projet de loi visant à construire un mur tout au long de la frontière entre les deux pays est symptomatique d’un état d’esprit régressif animant une grande partie d’élus de l’autre côté de la frontière, pour qui agiter le spectre de l’invasion haïtienne est devenu, à défaut de propositions intelligentes pour enrayer les problèmes internes, un genre politique à part.

ile_dhaiti_difference_entre_les_pays

Par ailleurs, la référence à une autre période sombre de l’histoire de l’humanité est manifeste. La construction du mur de Berlin, par la République démocratique allemande (RDA), qui symbolisait la coupure de l’Europe en deux, “capitaliste et socialiste”, a débuté dans la nuit du 12 au 13 août 1961 en pleine Guerre froide. Mur de la honte qui, comme toute construction absurde, a fini par s’écrouler par le simple assaut de la marche de l’Histoire le 9 novembre 1989.

Mais, qu’on ne se trompe pas d’adversaire. La haine viscérale que certains dominicains vouent à Haïti trouve dans l’incurie de l’État haïtien un terreau propice pour se propager. L’incapacité de ce dernier à créer de l’emploi, sécuriser sa population, faire du pays un coin vivable pour ses citoyens, renforcer l‘État de droit, organiser des élections honnêtes, libres et crédibles comptant sur le vote du peuple et non sur le phagocytage de l’appareil électoral, sont les arguments les plus crédibles des illuminés qui instrumentalisent et amplifient l’immigration afin de masquer les vrais sujets préoccupants.

 La légèreté scandaleuse qui caractérise la piètre performance diplomatique du gouvernement haïtien dans le dossier de l’arrêt raciste 168-13 décrié par plusieurs pays et des institutions internationales de défense des droits de l’homme met le projecteur sur une politique qui peine à défendre les intérêts de ses nationaux. Comment pourrait-il en être autrement quand des accusations crédibles font état de financement et le versement de pots de vin par des entreprises de la république voisine, quand on entend que les intérêts économiques de certains potentats de l’administration en place seraient tels qu’ils font écran à la défense de l’intérêt national ?

Toute entreprise dont les bases se trouvent enfouies dans l’insanité est vouée à l’effondrement. Le monde du 21e siècle est celui de l’ouverture, du cosmopolitisme et de la promotion des droits humains. Le chauvinisme rétrograde, le culte de la haine et de l’enfermement sur soi n’ont désormais plus leur place. Le mur idéologique construit entre nos deux peuples, qui aboutit à la déshumanisation de travailleurs, de concitoyens et d’étudiants haïtiens tout en exacerbant la cruauté de certains dominicains à leur égard, s’effondrera avec l’éveil de conscience des Haïtiens et la mise en place entre autres de vrais services publics pour sortir le pays de l’impasse économique. Pour l’autre, physique, en improbable gestation, il sombrera de lui-même. En résumé, laissons les dominicains s’emmurer et commençons, finalement, par mettre en place des ponts vers le progrès.

France : quand la police se moque du nègre

Credit Photo LefigaroCes mots de feu Stephane Hessel, limpides de vérité, aujourd’hui encore devraient résonner : Indignez-vous ! Car, c’est effectivement ce dont on a besoin actuellement! Un peuple qui perd sa capacité à s’émouvoir, à se questionner et se révolter contre l’infâme, ce qui porte atteinte à ses valeurs intrinsèques est un peuple sur l’autoroute de la décadence !

Des policiers organisent une soirée négro

Les commentaires fusent. Certains abondent dans le sens de l’explication d’un des participants. La soirée était privée ! Non, mais sérieusement ? C’est ça maintenant la démocratie à la française ? Faire semblant de s’approprier des normes républicaines le jour et les fouler au pied la nuit ? Le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit ! Les valeurs républicaines se doivent d’être respectées aussi bien en public qu’en privé ! Que des policiers s’arrogent le droit de se moquer des noirs de façon fort grotesque qui n’est pas sans rappeler le fameux blackface du xxe siècle jette l’opprobre sur toute cette institution qui d’ailleurs remonte régulièrement dans le débat du respect de la dignité des noirs.

En ces temps de crise et de désespoir économique, la France, celle qui inspire, celle des Lumières sombre doucement, mais sûrement sur les pentes glissantes et périlleuses de la xénophobie et du racisme. Les poussées du Front national, les attaques à la banane contre une ministre noire ou l’organisation par des policiers de soirée pour se moquer du négro ne sont que les avatars d’un mal profond qui risque de miner des siècles de combats et d’acquis allant dans le sens du vivre ensemble dans la différence. L’indifférence est fossoyeur de la démocratie. Il est encore temps ! Indignez-vous Marianne !