Archives mensuelles : décembre 2014

Bonne année 2015

Une vue de la Cathédrale Saint Louis de Jérémie, ma ville natale
Une vue de la Cathedrale Saint Louis de Jeremie, ma ville natale

Récemment sur le plateau de mon émission « Grand débat de 20h », j’affirmais qu’avec cet outil formidable qu’est Internet, ma génération est en train de s’approprier de la « chose politique ». En plus, elle cesse de mesurer son quotidien à l’aune des turpitudes existentielles haïtiennes et de la tartufferie de nos dirigeants. Elle se compare. Pas seulement à Beyoncé. Mais elle voit aussi le niveau de démocratie de pays comme la France et les États-Unis. Ainsi, mesure-t-elle l’immensité du travail restant à accomplir afin de hisser nos couleurs dans le hall des pays viables où il fait bon de vivre. Voilà mon premier souhait pour 2015. Que les jeunes haïtiens soient plus présents sur les réseaux sociaux, les blogs et les sites d’information. Le printemps haïtien sera jeune. Et c’est pour bientôt.

Cette année a été extraordinaire. J’ai renforcé mon implication sur le terrain, à la télé et sur ce blog. Aussi impensable que cela puisse paraitre pour mon père, des centaines de personnes ont pu lire mes publications ! Donc, le monde change. La liberté s’approprie des espaces jusque là inconnus. Ce blog en est une illustration.

Par ailleurs, certains ont pu être déconcertés par l’extrême éclectisme de mes billets. C’est surtout dû à la variété infinie des sentiments qui me traversent à 22 ans. Merci de me lire. De commenter et de me conseiller. Je suis un projet de perfection. Mon seul but est de ne pas m’en éloigner.

Cela dit, 2015 sera ma dernière année de licence en Sciences juridiques. Après, viendra la soutenance de mon mémoire déjà en préparation. Je vois d’ici-là mon avenir dans la défense des Droits humains. Témoignages contemporains vivants d’un sursaut commun contre la barbarie.

À tous ceux qui ont élargi ma vision d’un monde juste et pacifié, qui m’ont parlé, ignoré, aimé, détesté, énervé et rendu fier en 2014, sachez que vous avez porté une pierre à la construction de l’édifice d’une existence qui se cherche. Une existence qui en vaut la peine puisque toute vie humaine en vaut la peine. Je vous souhaite une heureuse et fructueuse année 2015. Trouvez la paix et soyez-en un soldat. Une vie n’est utile qu’au service d’autrui.

Merci à l’équipe MONDOBLOG pour son soutien renouvelé. Aux blogueurs inestimables de la plateforme. Traçons ensemble dans le roc du défi, des préjugés et déterminismes, nous les défenseurs de la parole libre, les contours d’un possible agréable pour tous !

On reste ensemble.

Widlore Mérancourt

22.12.2014

Mon ami se fait arnaquer sur Facebook

Cybercrime (c) ibtimes.com
Cybercrime (c) ibtimes.com

Internet est comparable à une grande ville en expansion permanente. Ses constructions bigarrées vont de la haute tour splendide aux couloirs sombres où sévissent des truands. Comme toute grande ville, il couve jalousement ses secrets. Loin des regards curieux et de l’ignorance du néophyte. Ses habitants, souvent anonymes, ne sont pas toujours bien intentionnés. Seulement, tout le monde ne le sait pas !

Tout a commencé par un coup de fil. Un ami voulait que je l’aide à rédiger une lettre administrative. Secret d’État m’a-t-il dit. « Tu n’en parles à personne ! » Étant libre et grand fan de James Bond, j’ai frénétiquement acquiescé. Trente minutes plus tard, il est dans ma chambre d’étudiant.

Pour lui écrire sa correspondance, il me fallait plus d’informations. Qui est le destinataire ? Le pourquoi de la lettre…

C’est alors que j’apprends qu’il est invité par l’Association canadienne pour le développement et la santé (ACDS) à une conférence à Montréal. Il lui fallait prendre contact pour confirmer sa participation et s’enquérir des modalités et exigences.

Je lui ai adressé mes plus vives félicitations. Voyant qu’il peut se confier à moi, il m’avoue que le destinataire est une femme qu’il a rencontrée un mois plus tôt sur les réseaux sociaux. Il me passe sa tablette pour que je puisse constater par moi même la teneur, mais aussi la chaleur de leurs étreintes virtuelles.

La rapidité avec laquelle ils ont passé des présentations à l’intimité m’a un peu intrigué. Mais jusque-là, rien d’inquiétant. Pas même le fait qu’une coordinatrice générale écorche la langue de Molière avec la dextérité d’un élève de primaire. Cependant, l’adresse e-mail a été la goutte de trop ! Pourquoi une telle organisation utiliserait un compte Gmail mal orthographié pour ses correspondances officielles ? Pourquoi le compte Facebook de cette femme ne contient qu’une seule photo, pas une publication ni même d’amis en commun avec mon ami ?

Voulant aller plus loin, j’ai fait une petite recherche sur l’association sur Google. Eh bien, j’ai rien trouvé ni sur le nom de cette femme encore moins de site officiel pour son organisation. Il s’est fait évident que je me trouve fort probablement en face d’une arnaque ! Comment refroidir son enthousiasme ?

Précautionneusement, je le mets au parfum des différentes formes d’escroquerie sur Internet et lui fait part de mes préoccupations. Brusquement, il devient nerveux. Franchement, il m’affirme son désintérêt pour mes informations.

Il faut dire qu’en Haïti, voyager est dans la perception commune synonyme de mobilité sociale, d’opportunités de travail et d’études pour les étudiants. Ainsi, mon ami a peut être interprété mon scepticisme pour de la jalousie. Comment d’un côté garder son amitié et de l’autre, le dissuader de s’investir dans la chance de sa vie ? Comment l’empêcher d’envoyer par Western Union ses économies ? Certaines leçons de vie s’apprennent sur le tas ! Je laisse faire.

Ensemble, plus tard, nous participerons sûrement à une manifestation pour inviter le Parlement haïtien à prendre conscience de la délinquance qu’occasionnent les Technologies de l’information et de la communication (TIC).  Espérons que finalement, il décidera de légiférer sur ces formes de crimes modernes.

Pourquoi ne puis-je plus goûter l’ivresse de cette source claire où jadis tu m’as emmené ? Pourquoi ces sentiers autrefois parsemés de fleurs ne transpirent que tristesse et désolation? Pourquoi ce vent qui emportait nos promesses d’amour et de tendresse n’apporte à mes yeux éteints que larmes et amertume ?

Donne moi ta main. Donne moi cette main que je ne me sens plus seul. Que je cesse de chercher partout ce que toi seule peut me donner. Que je redevienne moi qui ne sera jamais complet sans toi.

Viens peindre de tes larmes sur le tableau de notre destinée les traits de l’espoir, de l’avenir et de l’oubli. Viens, prends mes remords et trace les ailes du phénix de notre histoire.

Pourquoi ne puis-je plus goûter l’ivresse de cette eau claire qui jadis m’as abreuvé? Pourquoi t’ai-je trompé, toi qui m’a tout donné ?

Haïti est en danger

Depuis environ trois ans, l’administration en place devait constitutionnellement organiser des élections législatives dans le pays. Seulement, c’était sans compter la phobie chronique attribuée au président pour cet exercice. Si bien que le 12 janvier 2015, le Parlement risque d’être « constaté caduc ». Une hypothèse qui permettra au chef de l’État de diriger par décret.

La République tire la sève de son existence des élections ! Libres, honnêtes et transparentes, elles se doivent de renouveler le personnel politique sous la seule bénédiction du peuple. Avec la séparation des pouvoirs, la laïcité, le respect des droits fondamentaux de la personne humaine…, elles forment les caractéristiques intrinsèques de la démocratie contemporaine.

Toute cette construction encore fragile forgée au fer rouge dans l’os et le sang des victimes de la dictature duvaliériste risque de partir en fumée si le plan machiavélique d’un autre temps du commandant en chef venait à se matérialiser. Car, diriger par décret en Haïti est une curiosité institutionnelle confiant les rênes du pouvoir législatif entre les mains de l’exécutif.

Pour quelqu’un élevant l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, accusé de crimes contre l’humanité, mort sans avoir expié ses crimes non jugés*, au rang de fils digne de la patrie, cette occasion serait unique pour étancher sa soif de diriger, affranchi de la laisse gênante du Parlement. Avec un pouvoir judiciaire dont l’indépendance est aussi rigide que la tige d’un roseau, c’est notre place même dans le rang des nations civilisées qui s’en trouve menacée.

L’heure est donc grave. Le monstre du totalitarisme a pris un coup sévère en 1987**. Mais il n’en est pas mort. Ses blessures quoique profondes ont trouvé dans la nostalgie dictatoriale de ses partisans matière à rémission. Il rampe aujourd’hui vers nous. Et menace de tout renverser sur son passage. Allons nous laisser faire ?

* Il a même failli avoir des funérailles nationales n’était-ce les protestations des victimes et les pressions de la communauté internationale
** Année de la chute du dictateur Jean-Claude Duvalier