Archives mensuelles : février 2015

#StopRacismeRepDom

 

(c) Reseau des Blogueurs haitiens et Tilou Jean Paul
(c) Reseau des Blogueurs haitiens / Tilou Jean Paul

Parce que la mort injuste d’un seul homme porte atteinte à toute l’humanité

Parce que le monde entier doit savoir la lente mais inexorable descente de la République Dominicaine dans le racisme, la xénophobie, l’anti-haitianisme et ses corollaires

Parce qu’un pays dit démocratique se doit d’abord de respecter l’humain, ses droits fondamentaux et les conventions protégeant sa dignité

Parce qu’une politique qui stigmatise, attise les tensions, rend apatride une partie de sa population est susceptible de favoriser les dérives criminelles

Parce que je ne cautionne pas la haine, l’injustice et que le silence est parfois complice

Je dis avec le Réseau des Blogueurs haïtiens :

NON au racisme en République dominicaine
NO to racism in the Dominican Republic
NO al racismo en la República Dominicana
ABA rasis nan Sendomeng
لا للعنصرية في جمهورية الدومينيكان
NEIN zu Rassismus in der Dominikanischen Republik
NO al racismo en la República Dominicana
NO al razzismo nella Repubblica Dominicana
NEJ till rasism i Dominikanska republiken
Нет расизму в Доминиканской Республике
Não ao racismo na República Dominicana
NEE tegen racisme in de Dominicaanse Republiek
도미니카 공화국의 인종 차별주의에 없음
没有种族主义在多明尼加共和国
ドミニカ共和国での人種差別にノー

MW

La raison contre la barbarie

diversite_religieuse
(c) Courrier International

« Donnez-moi six lignes de l’écriture d’un homme, et je me charge de le faire pendre » est une formule fort évocatrice que l’on attribue volontiers à Laubardemont. Un peu pour signifier la frilosité de la parole écrite pouvant, par définition, être détournée, trahie et mésinterprétée!

Qu’en est-il alors des textes sacrés ? La plupart écrits depuis des centenaires, par différents auteurs en différents lieux et renfermant parfois des centaines de pages ?

Le philosophe français Michel Onfray a raison quand il postule que dans ces écrits (la Bible, le Coran, etc.), au-delà des interprétations, il y a matière à justifier les pires absurdités. Et aussi, des principes en parfaite cohésion avec la société moderne promouvant la paix, la tolérance, l’amour et l’altruisme.

Tout le travail est de décanter ce qui relève du principiel et du circonstanciel. Ce qui était propre à la culture d’une l’époque, ce qui, lié à une histoire aujourd’hui heureusement dépassée devrait ne pas être reproduit!

Ce travail d’adaptation du religieux au sens commun, à l’évolution de nos sociétés, aux lois et aux valeurs républicaines requiert que la « raison » ne soit plus persona non grata dans un espace où son absence engendre les pires catastrophes.

Ne pas prendre au pied de la lettre, nuancer, débattre, argumenter, réfuter les incohérences, autant d’acquis sociétaux que les religions gagneraient à s’approprier. Et ce travail revient d’abord aux responsables religieux dont le rôle est de guider, d’orienter.

Ensuite, il est impératif aujourd’hui de renforcer collectivement les anticorps de nos sociétés contre LES extrémismes! Il est admis aujourd’hui que l’apartheid de fait, la précarité, l’ignorance et l’inculture, les discriminations, le racisme jettent certains désespérés dans les bras de manipulateurs de tous bords.

On ne combat pas l’extrémisme par ses propres méthodes. La question n’est donc pas de déterminer quelle religion serait acceptable et quelle autre serait abominable, mais plutôt, de savoir comment, dans une société qui se dit démocratique, allons-nous faire pour que la laïcité ne soit pas une arme orientée contre une catégorie.

Comment bâtir l’édifice étatique sans sacrifier le droit d’être différent dans la diversité ? Comment apprendre aux plus jeunes le respect de cette richesse culturelle ?  Comment promouvoir l’égalité, économique notamment, et faire en sorte que personne ne se sente moins « national » que d’autres ? Autant d’interrogations sur lesquelles méditer sérieusement si nous voulons esquiver la guerre civile pour emprunter les sentiers du vivre ensemble dans l’harmonie et le respect du droit de chacun à s’autodéterminer.

Incident dans le carnaval en Haïti : l’État est-il responsable ?

Fantom, membre d'un groupe rap populaire, electrocute. Credit Facebook
Fantom, membre d’un groupe rap populaire, a été blessé. Crédit Facebook

Un incident a endeuillé ce mercredi 17 février (2 h 48 am) l’ambiance carnavalesque traditionnelle installée depuis ce dimanche en Haïti. Un choc électrique a causé la mort d’une dizaine de personnes à Port-au-Prince et blessé plus de 40 autres.

Le rôle premier de l’État n’est pas de s’excuser. Ni de déplorer. Encore moins d’adresser des sympathies qui, sincères ou obligées, ne ramèneront nullement les victimes.

Le carnaval tel qu’il est mis en oeuvre par l’administration en place s’apparente à une échappatoire à la faillite manifeste de ses responsabilités envers la population. Car, tous les voyants sont au rouge. La situation économique reste catastrophique alors que des élections sont régulièrement programmées depuis trois ans sans avoir lieu.

Le peuple, croupissant dans l’indigence, est mieux servi en ambiances festives qu’en véritables perspectives d’améliorations de sa vie réelle! On parle d’austérité budgétaire quand on double le carnaval normalement réalisé une fois par an : 7 en 4 ans ! Peuple qui fête n’a point le temps de nous prendre la tête!

Pour autant, je ne commettrai pas l’erreur d’imputer cet incident malheureux à l’équipe au pouvoir. Elle se passerait volontiers de cette publicité macabre. Cet événement tragique emprunte le couloir tracé par les gouvernements haïtiens successifs, prompts aux regrets mais lents à l’anticipation responsable.

Le Nouvelliste rappelle à juste titre que « dans les années 70, le char monté par le groupe Dragon avait fauché des danseurs et des spectateurs. En février 1998, le char du groupe Ram avait été impliqué dans un incident similaire. Régulièrement, des spectateurs sont tués sur le parcours suite à des accidents ou des bagarres. »

Pourtant en 2015, aucun protocole de sécurité n’est établi pour un événement drainant des milliers de personnes venant des villes de province et de la diaspora. A ma connaissance, aucune étude sérieuse n’a encore été menée sur la mise en oeuvre globale de l’activité. Les chars sont construits selon le bon vouloir des commanditaires. Quelques policiers sans spécialisation assurent la sécurité de foules denses et compactes sur un parcours de plusieurs kilomètres.

Si en tant que peuple, nous continuons à ne pas prendre au niveau individuel et collectif, la mesure de nos catastrophes et tirer les leçons nécessaires afin d’empêcher qu’elles se répètent dans le futur, toujours alors, nous continuerons à pleurer, à déplorer et à présenter nos sympathies! Comme l’a dit Albert Einstein : « Le comble de l’absurdité, c’est de répéter les mêmes gestes constamment et de s’attendre à des résultats différents!

Lettre d’un chômeur à son amante

saint_valentin_juratourism
(c) jura-tourism

 

Mon amour,

Quelque enthousiaste que je serais à l’approche de la St Valentin, ne pourrais-je pour autant empêcher l’étiolement du voile de notre quotidien, laissant transparaître depuis deux ans au rythme de nos manques, les reliques d’un amour fatigué, s’étranglant à petit feu.

Le chômage s’est introduit sous nos draps. Il a rafraîchi nos baisers, frigorifié nos ébats.

Quel effort pourtant n’avions nous pas consentis ? Ne sommes nous pas licenciés? Fallait-il que tu acceptes cette forme de prostitution déguisée qui consiste à être à la fois employée et maitresse? Fallait-il que je me prête à la réconfortante mode de la relativité morale ambiante et troquer ma dignité contre une relative prospérité ?

Les vertus ici s’arrêtent aux portes des intérêts! Et l’amour n’est plus qu’un tonneau vide déambulant sur le boulevard des faux semblants. L’État se résume au pillage, gaspillage et maquillage de développement! La création d’emploi s’arrête là où la famille et les amis avares ont trouvé quelques satisfactions.

Toutefois, que ce tableau désolant ne nous prive d’y peindre ce 14 février en lettres roses les traits éternels de notre amour. Et de l’espoir, à la grandeur de l’histoire tumultueuse de notre cher pays. Haïti finira par se relever. Nous finirons par trouver du travail et notre histoire de ses cendres scintillera!

Je t’aime.

Max

Comment reconnaître un politicien haïtien?

(c) Telerama

Le politicien haïtien est doté de nombreuses qualités. C’est souvent un courageux «papi» qui «ka-lite*». La retraite n’est jamais à l’ordre du jour. La relève non plus. Grenadier, à l’assaut ! On prend les mêmes idées rances mais efficaces et on repart.

D’ailleurs, le politicien haïtien n’est jamais en panne d’idée. Son sens de la formule est légendaire. Il aime le créole. Les tournures folkloriques et les proverbes historiques. Il aime aussi saupoudrer ses phrases de quelques zestes de français bien accentuées. Pourquoi? A ton avis? Parce que ça fait proche du peuple sans forcément en faire partie! Ne t’étonne pas!

Le politicien haïtien, «soldat et camarade» du peuple méprise l’Université et tout ce qu’elle implique! Ça fait trop précieux! Il abandonne les sciences aux spécialistes pour récupérer ses thématiques préférées: «manifestation, dialogue national, opposition, dénonciation, à bas lavi chè**… ». Le politicien haïtien est en guerre permanente contre la vie chère! D’abord pour lui, car afin de s’en extirper, il est prêt à tout: coup bas, volte-face, alliances contre nature etc. Ensuite, pour le peuple car le politicien haïtien veut aider le peuple. Toutefois, il faut compter parmi le peuple surtout les membres de sa famille et ses amis quand il sera au timon des affaires.

Le politicien haïtien aime les affaires, pour lui et les siens ! Cependant, il n’a pas de doctrine économique. Il n’écrit pas d’articles encore moins de livres. Il n’a d’ailleurs pas de doctrine du tout, sinon de n’être jamais content et en opposition permanente quand il n’a pas sa tranche du gâteau.

Le gâteau étatique, le politicien haïtien le veut en entier. S’il ne sait pas la définir, il sait au moins que la séparation des pouvoirs est incompatible avec sa volonté de toute puissance. Et, il aime la puissance le politicien haïtien. Il estime que ses moindres caprices devraient être transformés en loi ou en décision de justice !

Évidemment, vous conviendrez que de cet amas uniforme de personnalités d’origine diverses puisse émerger quelques rares exceptions. Mais, que vaut une aiguille dans une botte de foin, surtout quand personne ne la cherche ? De surcroit, le politicien haïtien n’a que faire du foin, des bovins, de l’élevage, de l’agriculture et de tout ce qui s’y rapporte. Il  s’intéresse plutot aux  séjours « cinq étoiles », per diem compris, sur le dos du contribuable.

 

* pouvant lutter
** la vie chère