Féminisme et culture haïtienne

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(c) habitants.org

Encore ce 8 Mars 2015, j’étais profondément ancré dans cette idée qui voulait que la femme soit libre ! Libre de l’homme qui longtemps a voulu l’inférioriser. Libre d’elle-même car dans le temps, elle a intériorisé des préjugés et discriminations jusqu’à parfois oser s’élever pour ingénument défendre sa subordination.

Je me disais féministe quand en cette fin de matinée de dimanche, j’ai vu débouler sur la Première Grande rue des Cayes (Sud d’Haïti) cette cohorte de jeunes femmes. Les unes plus « belles » que les autres. Marchant fièrement pour les droits de la gente féminine.

Le char accompagnant bruyamment le cortège arborait des slogans du genre « Eduquer les femmes, c’est assurer un avenir meilleur pour Haïti ». De jeunes hommes et des enfants y allaient joyeusement à côté de ces déesses bien parées, comme pour dire : « Défendre l’égalité et la possibilité de s’accomplir complétement n’est pas antinomique à la féminité. »

Je me disais féministe quand à la fin du cortège j’ai remarqué ces policières. Jeunes et fluettes, à la lente démarche d’une femme pleinement consciente d’avoir durement acquis sa place dans une institution où seul le sexe dit fort semble avoir droit de cité. Où la femme est sous représentée et sa présence non supportée.

Je me disais féministe quand à la vue de ces jeunes policières je me suis subitement mis à penser :

« N’est-il pas dangereux de les laisser jouer avec des armes? »

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Widlore Mérancourt
Blogueur haïtien, bénévole, étudiant en sciences juridiques, présentateur télé.

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