Archives mensuelles : avril 2015

Je suis Charlie et je l’assume

(c) andrelevattep.deviantart.com/
(c) andrelevattep.deviantart.com/

Le temps posé de la réflexion suit toujours l’effervescence de l’émotion. Encore plus si l’émotion est telle qu’elle a charrié dans un élan formidable la ferveur et la fureur de citoyens du monde entier. De Paris à Port-au-Prince, de New York à Dakar.

Certains ont dès le départ refusé de penser avec la foule. Car dit-on, la masse est un déni de la réflexion. Ils ont refusé l’intuition populaire, ils ont refusé d’être Charlie à tout prix. Les raisons avancées sont compréhensibles, parfois réfléchies mais toujours légitimes !

Je n’ai pas été abonné, ni lecteur donc encore moins adhérent à la ligne éditoriale du journal de satire. Par contre, je n’avais pas besoin de « Charlie Hebdo » pour être Charlie.

J’étais Charlie parce que la liberté de dire et de se taire, la liberté de tourner en dérision et de magnifier sont les traits communs de la viabilité de tout système démocratique. J’étais Charlie parce que le droit à la vie, le droit de ne pas être persécuté pour ses opinions ou sa vision du monde ne sont pas négociables, si l’idée est de construire une société du vivre ensemble dans la différence et dans les limites de la loi.

Tant pis si les événements qui s’en suivront ont montré qu’on ne se mobilise pas de la même manière, que l’indignation n’est pas aussi piquée à vif, suivant qu’on est mort sur le continent africain ou  européen. Tant pis si des fossoyeurs de la liberté d’expression ou des marchands de la haine se sont honteusement accaparés de la catastrophe pour persécuter une communauté, un groupe ou une orientation religieuse.

En tant qu’être humain, j’incarne les victimes de l’intolérance et de l’ingérence, de la misère et de la faim, des frappes de drones sur les civils ou des attentats kamikazes. Je ne suis pas seulement Charlie, je suis aussi tout ce qui devrait et doit révulser la conscience humaine, et je l’assume.

Le sublime

Les pétales joyeuses et colorées d’une fleur, la verdure luxuriante d’un buisson ou encore la grâce d’un petit oiseau, aux ailes grises, posé sur une branche délicate avant de virevolter dans le ciel d’un bleu pur, autant de merveilles, autant de beautés simples qui enseignent bien plus que mille livres mis entre le réel et nous. (suite…)

Quand la technologie nous asservit

(c) orthophonie.org
(c) orthophonie.org

Si l’on en vient à taire pour un temps le bouillonnement général et la hâte qui caractérise notre époque, pour réfléchir, on constaterait comment l’homme, dans sa paresse et son manque de courage s’évertue toujours à « se mettre sous tutelle ». Alors, on comprendra pourquoi l’opuscule « Qu’est-ce que les lumières » de Kant est d’une brûlante actualité.

Je choisis pour illustrer mon propos cette quête aveugle de minorisation caracteristique de la frénésie technologique de cette génération alors même que la démocratie et la libéralisation economique promettent le contraire.

En effet, comme l’a souligné Alain Damasio, l’homme du 21e siècle ne cesse de déléguer sa puissance à la machine. La technologie, dit-il, vient outiller la paresse humaine.

Or, cette délégation de plus en plus importante va de pair avec une perte de la puissance d’agir par soi-même. Entre nos voitures, nos GPS et Internet, plus personne n’a le temps de marcher, de s’orienter ou de réfléchir par lui-même.

A ce stade, la religion n’est pas si différente de la technologie. Elle prend sur elle les turpitudes de l’existence en promettant à l’homme, malheureux et désarmé, une vie meilleure dans l’au delà. Fort de cette hypothétique promesse, ce dernier, souvent, oublie de vivre ici et maintenant.

Le progrès s’arrête là où commence l’excès. Remettre l’homme au centre de la démarche technologique et ne pas se laisser guider par les horizons déshumanisantes du pseudo-humain au cerveau carburé au lithium est urgent pour garder le contrôle sur nous-mêmes et sauver notre espèce.

Haiti futur s’investit

 

(c) haitifutur.com
(c) haitifutur.com

Lorsque l’on vient à parler de Haïti dans les médias internationaux, deux lunettes journalistiques semblent s’imposer spontanément : soit on se met d’accord pour peindre avec un réalisme excessif la surface défigurée et franchement déprimante, ou, et ceci depuis au moins la sortie du film de Raoul Peck, on vilipende l' »Assistance Mortelle » des ONG et politiciens véreux qui à eux seuls seraient, responsables du « cauchemar haïtien ». Continuer la lecture de Haiti futur s’investit 

Anorexie : d’un extrême à l’autre

 

(c) staragora.com
(c) staragora.comité

Toute bonne idée est la bienvenue en matière de santé publique. En ces temps où effectivement, l’imaginaire collectif est travaillé, même agressé par une obsession du maigre comme canon indépassable de la beauté, l’éducation et même la philosophie ont beaucoup à faire pour promouvoir l’acceptation de soi, tant qu’elle ne nuit pas au bien-être physique.

En revanche, il me semble que cette frénésie législative consistant à vouloir légiférer sur tout et en tout emprisonne l’individu et atrophie la société. Appliquée à l’indice de masse corporelle (IMC) des mannequins, mon avis, c’est qu’on est en train de passer d’un extrême à l’autre. D’un diktat capitaliste donc irresponsable, ce qui d’ailleurs est un pléonasme, à un diktat sociétal, légal et donc plus contraignant.

Ce n’est pas à la société de définir les critères de normalité en matière de beauté ou de poids. Chacun doit être libre de faire ce qu’il veut tant que cela ne nuit pas à autrui. Je comprends le désir de réprimer les employeurs qui OBLIGER-AIENT les mannequins à s’amincir, mais une loi pour interdire à quelqu’un de s’affirmer au monde professionnellement de la manière qui lui plaît m’est insupportable.

Les gens ne mangent pas assez de fruits et de légumes, quelle est donc la solution ? Publier une loi pour les obliger à le faire ? L’abus de l’alcool nuit à la santé, va-t-on emprisonner ceux qui forcent sur la bouteille, même en privé ?

En plus, que fera-t-on de ceux qui naturellement ont un IMC très faible ? Et ceux qui sincèrement préfèrent une silhouette anorexique épaisseur feuille de papier ? Ils n’ont pas le droit de travailler ? Ils n’ont pas le droit d’être tout simplement ? Interdira-t-on les sites internet étrangers où justement il n’est pas illégal d’être maigre à l’extrême et mannequin ?

A un moment, il faut cesser les fuites en avant et prendre la mesure de nos responsabilités ! La solution au problème de la maigreur excessive réside plus dans L’ÉDUCATION, la discipline alimentaire qu’il faut encourager et des politiques publiques adéquates que dans l’illusion selon laquelle l’interdiction est la solution à tout !