Quand la technologie nous asservit

(c) orthophonie.org
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Si l’on en vient à taire pour un temps le bouillonnement général et la hâte qui caractérise notre époque, pour réfléchir, on constaterait comment l’homme, dans sa paresse et son manque de courage s’évertue toujours à « se mettre sous tutelle ». Alors, on comprendra pourquoi l’opuscule « Qu’est-ce que les lumières » de Kant est d’une brûlante actualité.

Je choisis pour illustrer mon propos cette quête aveugle de minorisation caracteristique de la frénésie technologique de cette génération alors même que la démocratie et la libéralisation economique promettent le contraire.

En effet, comme l’a souligné Alain Damasio, l’homme du 21e siècle ne cesse de déléguer sa puissance à la machine. La technologie, dit-il, vient outiller la paresse humaine.

Or, cette délégation de plus en plus importante va de pair avec une perte de la puissance d’agir par soi-même. Entre nos voitures, nos GPS et Internet, plus personne n’a le temps de marcher, de s’orienter ou de réfléchir par lui-même.

A ce stade, la religion n’est pas si différente de la technologie. Elle prend sur elle les turpitudes de l’existence en promettant à l’homme, malheureux et désarmé, une vie meilleure dans l’au delà. Fort de cette hypothétique promesse, ce dernier, souvent, oublie de vivre ici et maintenant.

Le progrès s’arrête là où commence l’excès. Remettre l’homme au centre de la démarche technologique et ne pas se laisser guider par les horizons déshumanisantes du pseudo-humain au cerveau carburé au lithium est urgent pour garder le contrôle sur nous-mêmes et sauver notre espèce.

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Widlore Mérancourt
Blogueur haïtien, bénévole, étudiant en sciences juridiques, présentateur télé.

5 réflexions au sujet de « Quand la technologie nous asservit »

  1. C’est le revers de la médaille: la technologie nous facilite la vie, mais en même temps elle en déshumanise certains aspects. En tant que roi des paresseux, je ne vois pas pourquoi je feuilletterais tout un dictionnaire alors que mon smartphone en a un où je peux simplement taper le mot et avoir sa définition… Malheureusement, comme tu l’as dit, on en devient parfois dépendant.

    1. Et c’est là que les choses se corsent. La technologie devrait être utilisée modérément. A un moment, faudrait la contrôler et non l’inverse. Je peux avoir un smartphone et faire l’effort de mémoriser les mots. (Je te le dis parce-que moi, je peux chercher le même mot machinalement 4, 5 fois dans la même journée.

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