Pourquoi Poutine admire les États-Unis ?

Vladimir Poutine - CBS News

Le président russe Vladimir Poutine a reçu les journalistes de la populaire émission d’actualité « 60 minutes » de la chaîne américaine CBS avant de rencontrer son homologue Barack Obama en marge de son intervention à l’ONU. Charlie Rose a réalisé avec lui une interview « candide » diffusée ce dimanche 27 septembre où l’homme fort du Kremlin a passé en revue les points saillants de l’actualité mondiale. Souriant et drôle par moment, loin de la réputation d’homme d’acier auquel on nous a habitué, Vladimir Poutine a fait avec Donald Trump et l’évasion de El Chapo Guzman l’essentiel de la première episode de la 48e saison de « 60 minutes« .

Sur la Syrie, l’ancien agent du KGB confirme que son objectif est bien de sauver le régime de Bachar Al Assad. Il s’empresse tout de même d’ajouter qu’il supporte le gouvernement légitime de le Syrie car le contraire conduirait aux situations qu’on peut observer en Irak ou en Libye où toutes les institutions sont « effondrées« . Pour Poutine, la priorité devrait être de combattre Daesh et non de renverser Assad.

Interrogé sur son désir affiché de voir la Russie jouer un plus grand rôle dans le monde, Poutine répond que son pays n’a aucune « obsession d’être une superpuissance dans la sphère internationale ».

Le président russe a par ailleurs démenti les États-Unis dans le dossier de l’éviction de Vladimir Yanikovitch. Selon lui les américains ont supporté ceux qui ont  » vaincu » l’ancien président pro-russe de l’Ukraine réfugié depuis en Russie.

Quand on lui informe qu’on parle beaucoup de lui aux États-Unis, sa réponse est surprenante : « Peut-être qu’ils n’ont rien à faire d’autres aux États-Unis que de parler de moi ». Cependant, il dit admirer la « créativité » des américains et leur « ouverture d’esprit » qui les permettent de résoudre les problèmes et de développer leur pays.

Après l’interview, l’équipe de CBS a été invité à prendre le thé. Thé qui s’est transformé en dîner où l’on voit Charlie Rose et ses collègues attablés autour de multiples petits plats tout sourire avec Vladimir Poutine. Sous d’autres cieux (je pense à la France), on aurait crié au scandale et à la trahison.

Ce n’est qu’un exemple des divergences profondes entre l’exercice du
journalisme dans l’hexagone et aux États-Unis. Pour avoir interrogé le président syrien Bachar Al Assad, Charlie Rose a reçu un Peabody Awards. Alors que d’un autre côté, on a crié haro sur David Pujadas pour avoir réitéré le même exercice sur une chaîne publique française.

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Widlore Mérancourt
Blogueur haïtien, bénévole, étudiant en sciences juridiques, présentateur télé.

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