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L’art de mourir heureux

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Je grimpai calmement une à une les marches de l’escalier en béton massif. La balustrade rouge vif, brillant sous les effets de l’ampoule installée sur la cour, me refroidit les mains. Il me vint simultanément à l’esprit qu’il fait froid et que je suis quasiment nu. Les pieds sur le bitume, et pour seul accoutrement, un caleçon délavé qui porte les souvenirs d’un temps lointain où il fut bleu. Continuer la lecture de L’art de mourir heureux 

Féminisme et culture haïtienne

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Encore ce 8 Mars 2015, j’étais profondément ancré dans cette idée qui voulait que la femme soit libre ! Libre de l’homme qui longtemps a voulu l’inférioriser. Libre d’elle-même car dans le temps, elle a intériorisé des préjugés et discriminations jusqu’à parfois oser s’élever pour ingénument défendre sa subordination.

Je me disais féministe quand en cette fin de matinée de dimanche, j’ai vu débouler sur la Première Grande rue des Cayes (Sud d’Haïti) cette cohorte de jeunes femmes. Les unes plus « belles » que les autres. Marchant fièrement pour les droits de la gente féminine.

Le char accompagnant bruyamment le cortège arborait des slogans du genre « Eduquer les femmes, c’est assurer un avenir meilleur pour Haïti ». De jeunes hommes et des enfants y allaient joyeusement à côté de ces déesses bien parées, comme pour dire : « Défendre l’égalité et la possibilité de s’accomplir complétement n’est pas antinomique à la féminité. »

Je me disais féministe quand à la fin du cortège j’ai remarqué ces policières. Jeunes et fluettes, à la lente démarche d’une femme pleinement consciente d’avoir durement acquis sa place dans une institution où seul le sexe dit fort semble avoir droit de cité. Où la femme est sous représentée et sa présence non supportée.

Je me disais féministe quand à la vue de ces jeunes policières je me suis subitement mis à penser :

« N’est-il pas dangereux de les laisser jouer avec des armes? »

Pourquoi ne puis-je plus goûter l’ivresse de cette source claire où jadis tu m’as emmené ? Pourquoi ces sentiers autrefois parsemés de fleurs ne transpirent que tristesse et désolation? Pourquoi ce vent qui emportait nos promesses d’amour et de tendresse n’apporte à mes yeux éteints que larmes et amertume ?

Donne moi ta main. Donne moi cette main que je ne me sens plus seul. Que je cesse de chercher partout ce que toi seule peut me donner. Que je redevienne moi qui ne sera jamais complet sans toi.

Viens peindre de tes larmes sur le tableau de notre destinée les traits de l’espoir, de l’avenir et de l’oubli. Viens, prends mes remords et trace les ailes du phénix de notre histoire.

Pourquoi ne puis-je plus goûter l’ivresse de cette eau claire qui jadis m’as abreuvé? Pourquoi t’ai-je trompé, toi qui m’a tout donné ?