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Jean-Jacques Dessalines : comment conjurer la malédiction d’Haïti

DessalinesEn ce 17 octobre, jour de l’assassinat du père de la Patrie, Jean-Jacques Dessalines, j’économiserais une harangue dont j’ai la certitude que volontiers vous vous passerez. Il m’est par ailleurs opportun de vous rappeler qu’en ce jour, l’un des plus grands hommes qu’a connus Haïti, et même l’humanité, bien que ne correspondant pas aux désiderata occidentaux, a trouvé la mort pour ses idéaux de justice, d’inclusion de tous dans la défense de l’intérêt de la jeune nation haitienne de l’époque.

« Les Noirs, fraîchement libres, ayant combattu pour l’indépendance, dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien ? » Ces paroles centenaires adressées aux accapareurs originaires curieusement étincellent aujourd’hui encore dans la poignante et triste réalité du pays. Dessalines voulait une réforme agraire pour asseoir sa vision dans l’intérêt du plus grand nombre, ce qui a remonté contre lui ceux en qui il vouait une confiance absolue.

Dessalines, damné de l’Occident

Pour avoir ordonné entre autres le massacre des colons restants dans le pays après la guerre, il s’est vu reléguer une place de seconde zone par rapport à Toussaint Louverture. Ceci est une ineptie et vient d’une profonde méconnaissance de la réalité de l’époque. Ces Blancs qui ne voulaient pas partir, car ils auraient pu le faire après le cessez-le-feu, représentaient un danger pour la jeune nation. Aussi difficile soit-il, Dessalines a fait son devoir en cohésion avec l’intérêt du pays. On oublie souvent d’ailleurs qu’il a épargné les médecins, prêtres, etc.

Haïti est maudit

Pour favoriser nos perversités de classe et égoïste sur le bien commun, nous avons assassiné le père de la nation. Son spectre nous poursuivra jusqu’à ce que par patriotisme et pétris de justice, nous réappropriions l’idéal dessalinien.

Il est temps qu’une poignée de gens cessent d’accaparer 90 % de la richesse du pays. Il est temps de faire passer l’intérêt du peuple souverain avant les velléités cléricales et mesquines. Sans quoi le fantôme de Dessalines toujours hantera nos nuits glacées.

PS : Récusant fermement le mythe du péché originel, mon emploi de malédiction ici est à prendre au second degré.