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Réclamons le droit de mourir dans la dignité

© Photo J. Robert/MAXPPP
© Photo J. Robert/MAXPPP

De tergiversations sur la légalité aux importunes considérations morales, on en oublie dans ce débat permanent sur la fin de vie de penser humain ! Entre son inéluctabilité et sa récusabilité toujours plus importante par les hauts faits de la science, le crépuscule de la vie exerce sur les sociétés humaines de toujours une attraction hébétée teintée de fatalité et d’effroi.

Car la mort ne sera jamais seulement une affaire technique

Autrefois, l’agonie pouvait s’étendre à l’infini, transformant ce qui avant était humain, en une espèce de tâche repoussante, hoquetant entre la lumière et les ténèbres dans une lutte fatale où les derniers sont presque toujours certains d’obtenir la mise. Ceux qui encore ont le sursis de baigner dans la clarté en arrivent à ne garder de celui qui s’en va que cette image disgracieuse et abominable faisant écran par là à toute une vie de joie et d’efforts partagés.

Mais le monde dans sa marche constante vers le progrès scientifique, philosophique et éthique a évolué. Notre humanité s’en trouve renforcée. Nous avons compris qu’à un certain moment, prolonger la souffrance et l’affliction jusqu’au bout quand tout espoir est évacué relève d’une bestiale cruauté et est, par là, indigne d’une société civilisée. Si hier le doute résultant d’une connaissance chancelante de la nature humaine pouvait de manière légitime retenir l’élan de nos convictions magnanimes, aujourd’hui notre inaction est coupable et même criminelle.

La loi, l’érudition et l’idéologie doivent être au service de l’homme et de la justice, pas l’inverse. Je réclame le droit de m’en aller dignement. Râler lentement, à la frontière de l’humanité, décharné, les yeux hagards, le regard vide et la bave dégoulinant sur le menton sous les regards pitoyables de la famille et du corps médical rendu impuissant sont une réalité d’un autre temps. Quand la loi est absurde, la désobéissance citoyenne doit préserver le bon sens et les acquis fondamentaux. Je soutiens le courage du Dr Nicolas Bonnemaison.