Archives du mot-clé Droits de l’homme

Une affiche dénoncée porno exaspère la ville des Cayes

(c) Widlore
(c) Widlore Mérancourt

Une affiche publicitaire géante pour la boisson énergisante « RED » focalise l’attention de certains et crée le malaise chez de nombreux citoyens de la ville des Cayes (Sud d’Haïti). Placé à l’entrée de la cité touristique, un des quatre « billboards » de la série a subi les foudres d’un mécontent qui a aspergé de peinture bleue la partie visible du bas ventre de la femme estimée en trop. Continuer la lecture de Une affiche dénoncée porno exaspère la ville des Cayes 

Bonne année 2015

Une vue de la Cathédrale Saint Louis de Jérémie, ma ville natale
Une vue de la Cathedrale Saint Louis de Jeremie, ma ville natale

Récemment sur le plateau de mon émission « Grand débat de 20h », j’affirmais qu’avec cet outil formidable qu’est Internet, ma génération est en train de s’approprier de la « chose politique ». En plus, elle cesse de mesurer son quotidien à l’aune des turpitudes existentielles haïtiennes et de la tartufferie de nos dirigeants. Elle se compare. Pas seulement à Beyoncé. Mais elle voit aussi le niveau de démocratie de pays comme la France et les États-Unis. Ainsi, mesure-t-elle l’immensité du travail restant à accomplir afin de hisser nos couleurs dans le hall des pays viables où il fait bon de vivre. Voilà mon premier souhait pour 2015. Que les jeunes haïtiens soient plus présents sur les réseaux sociaux, les blogs et les sites d’information. Le printemps haïtien sera jeune. Et c’est pour bientôt.

Cette année a été extraordinaire. J’ai renforcé mon implication sur le terrain, à la télé et sur ce blog. Aussi impensable que cela puisse paraitre pour mon père, des centaines de personnes ont pu lire mes publications ! Donc, le monde change. La liberté s’approprie des espaces jusque là inconnus. Ce blog en est une illustration.

Par ailleurs, certains ont pu être déconcertés par l’extrême éclectisme de mes billets. C’est surtout dû à la variété infinie des sentiments qui me traversent à 22 ans. Merci de me lire. De commenter et de me conseiller. Je suis un projet de perfection. Mon seul but est de ne pas m’en éloigner.

Cela dit, 2015 sera ma dernière année de licence en Sciences juridiques. Après, viendra la soutenance de mon mémoire déjà en préparation. Je vois d’ici-là mon avenir dans la défense des Droits humains. Témoignages contemporains vivants d’un sursaut commun contre la barbarie.

À tous ceux qui ont élargi ma vision d’un monde juste et pacifié, qui m’ont parlé, ignoré, aimé, détesté, énervé et rendu fier en 2014, sachez que vous avez porté une pierre à la construction de l’édifice d’une existence qui se cherche. Une existence qui en vaut la peine puisque toute vie humaine en vaut la peine. Je vous souhaite une heureuse et fructueuse année 2015. Trouvez la paix et soyez-en un soldat. Une vie n’est utile qu’au service d’autrui.

Merci à l’équipe MONDOBLOG pour son soutien renouvelé. Aux blogueurs inestimables de la plateforme. Traçons ensemble dans le roc du défi, des préjugés et déterminismes, nous les défenseurs de la parole libre, les contours d’un possible agréable pour tous !

On reste ensemble.

Widlore Mérancourt

22.12.2014

Lettre à mon ami homo

(c) tpe-homosexualite-2011.e-monsite.com/
(c) tpe-homosexualite-2011.e-monsite.com/

Cher ami,

Ce n’est point par proximité affective ni désir de verser dans la controverse, mais plutôt par l’affirmation de mon engagement ferme sur le pacte républicain, promesse d’équité et d’égalité, que je me désolidarise de l’injustice que tu subis.

La liberté est la pierre angulaire de toute société. Toute restriction greffée sur elle ne saurait être acceptable que si de nature à assurer le bonheur de tous! Aussi, aucun être humain ne devrait se voir dicter ses comportements, ses inclinations ou la façon de s’affirmer au monde dans aucune communauté démocratique sans se voir confisquer l’essence de son existence qui est ce bien fondamental.

Cela dit, mon engagement contre les insultes, harcèlement, marginalisation et violence physique dont tu es l’objet ne saurait être interprété comme adhésion ou même préférence pour tes choix ! Loin de là. Qui suis-je pour te juger ? Mais plus encore, de quel droit aurais-je mon mot à dire sur tes passions intimes ?

Quand la religion s’aventure hors des cadres de la réglementation égalitaire sociale, la seule qui prévaut pour tous, elle parcourt des sentiers périlleux où la tyrannie, le rejet de l’autre et l’intolérance élisent domicile. Je rêve d’une société où la différence, loin d’être pathologique, serait un baume appliqué sur notre mal à être tous ensemble dans la paix !

Cher ami, de grâce, ne te rabaisse pas à l’exercice qui consiste à répondre le mal par le mal. Les moyens doivent au long de la quête honorer la fin ! Liberté. Égalité. Fraternité. Droits de l’homme. État de droit… Voilà tes repères.

Avec l’espoir de voir poindre à l’horizon la silhouette réconfortante de la garantie d’être différent dans la dignité, reçois toute mon affection.

Widlore Mérancourt
4 novembre 2014
Cayes, Haïti

La prostitution, métier ou esclavage ?

(c) theprisma.co.uk
(c) theprisma.co.uk

Une femme a un jour répliqué à Jean-Luc Mélenchon* qui se demandait si l’abolition de la prostitution était ou non une position juste : « Pour répondre à ta question, demande toi si tu proposerais la prostitution comme métier à ta compagne, ta mère, ou ta fille ? Oui ou non ? Pourquoi ce dont tu ne voudrais en aucun cas pour les tiens le proposerais tu aux autres ?

A la manière d’un politicien, j’ai longtemps enrichi mes propos de nuances et bâti des stratégies astucieuses pour ne pas avoir à me prononcer sur la prostitution. Ma retenue était aussi nourrie par le désir de ne pas changer d’avis si en aval, mes réflexions me conduisaient à prendre une position contraire. Craignant l’usure, j’ai toujours préservé jalousement mon « droit de me contredire ».

La repartie de cette dame a interpellé en moi des convictions aussi profondes que fondamentales. Non. Jamais je ne proposerais la prostitution à quiconque. Encore moins à mes proches. Non, définitivement pour moi, la prostitution ne peut être un métier « normal ».

Être amené a l’extrémité qui consiste à monnayer son corps est pour l’humaniste que je suis d’une violence insoutenable**. La détresse qui caractérise ces rapports sexuels « tarifés » exclut l’exercice de toute liberté. Des prostitués*** en situation économique délicate ne se tournent vers le plus vieux métier du monde que par la contrainte et l’échec d’un système politique qui n’a pas su leur offrir d’alternatives viables.

Que dire de celles ou de ceux qui s’y livrent par subversion ?

Certaines femmes, c’est d’ailleurs une thèse soutenue par quelques féministes, feraient de la prostitution pour se rebeller. Prendre leurs revanches sur une société policée contraignant la femme dans ses choix même les plus intimes. De là, je me demande comment peut-on rester maître de son corps tout monnayant son usage ? En quoi est-ce que l’objetisation du corps humain en « gadget sexuel » est-elle conforme à l’idéal d’émancipation féministe ?

On se targue souvent d’être libre quand les ficelles de nos actions sont invisiblement tirées par des mécanismes complexes qui nous échappent. On pétarade de la possession d’un vent. Comme l’a dit le poète Souleymane Diamanka, faire l’amour, c’est ne plus ressentir la différence entre donner et prendre du plaisir. Dans la prostitution il n’y a pas cet aller-retour. Il n’y a qu’égoïsme et traumatisme contre argent. Peut-on en toute bonne foi appeler cela travailler ?

* Personnage politique français
** J’aurai à clarifier ma pensée prochainement, notamment en ce qui consiste à savoir s’il faut ou non protéger les dits travailleurs (ses) du sexe.
*** Homme ou femme

Présomption d’innocence : persona non grata en Haïti

Si la facilité a l’inconvénient d’être une fenêtre ouverte sur l’immensité de la médiocrité, elle a au moins pour mérite de libérer ses adeptes du poids encombrant de l’effort en les privant du même coup des délices que peut offrir le sentiment d’un travail bien accompli. Les médias haïtiens semblent être les abonnés les plus farouches de ce fléau. L’exemple le plus symptomatique de ce dépérissement est le traitement quotidien du dossier des accusés de crimes. Des accusés que nos chers médias se font le plaisir de traiter de tous les noms, ce, sans une condamnation prononcée ayant acquis force* de chose jugée.

Pour rappel, la présomption d’innocence est (suite…)