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Haïti : « Papa bon cœur », un slogan dangereux

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Bienvenue à Gressier Martelly « Papa Bon Coeur » le sauveur d’Haïti, je suis avec vous, 77 fois et 7 fois : « Tèt Kale »

A côté de l’inventivité ou du ridicule qu’ils peuvent révéler, les slogans en temps de campagne électorale sont un bon moyen de révéler les idéologies structurant la pensée des candidats que parfois, partage une bonne partie de la société.

Je me suis donc amusé à les lire, les répertorier et les analyser. La tendance qui s’est révélée majoritaire cette année (au moins pour le Sud) est le fait pour les candidats, sous des appellations différentes, de se décrire en père et mère de famille.

Dès lors, la société serait d’après la lecture qu’en ont faite ces derniers, une famille élargie avec des citoyens transformés en adolescents et des dirigeants cessant d’être sénateurs, députés ou présidents, mais de véritables « papas bon cœur ». Continuer la lecture de Haïti : « Papa bon cœur », un slogan dangereux 

Quand parler français fait chuter les grands !

(c) planetenonviolence.org
(c) planetenonviolence.org

Deux choses me viennent à l’esprit lorsque, trop souvent, je remarque, non sans peine, un politique, un personnage public ou un simple quidam dans un moment solennel, le malaise inscrit sur son front en sueur et sa voix tremblotante, prendre la parole dans un français inaudible et sacrifié en plus.

D’abord, le côté tragique :

Sans se perdre dans les méandres théoriques de Fanon à Price Mars, le fait est que l’haïtien, même instruit, se plait à dédaigner le créole. Snobisme ou franc mépris, il en fait une langue de seconde zone, une langue bâtarde bonne pour son « lakou » qu’il évite d’exhiber en public dans les cercles sociaux qu’il fréquente. Ainsi, même parlée par la grande majorité de la population, son officialisation dans la Constitution de 1987 ne cache pas la réalité: elle est souvent écartée dans les cérémonies officielles! Même l’État ne prend que rarement la peine de traduire ses communiqués sibyllins.

Ensuite, évidemment, le coté cocasse :

Car, lorsque vous avez en face de vous un auditoire avec qui vous avez en partage une langue complète, le choix du canal de communication devait être simplifié. S’il ne vous viendrait pas à l’idée, à moins d’un élan suicidaire, d’aller manipuler des engins explosifs dans un laboratoire chimique, s’embarrasser d’une langue que vous ne maîtrisez ne relève-t-il pas du ridicule ?

Le français c’est d’abord une connaissance théorique! Elle n’est pas innée. Personne ne peut vous reprocher de ne pas parler le mandarin encore moins d’être nul en physique quantique. Donc, si vous voulez faire le grand écart, les écoles et instituts pour combler les insuffisances de l’éducation nationale sont légion.

En cette période d’élection (ou de pré-sélection, selon que vous soyez politiquement correct ou pas) le conseil est gratuitement offert à nos « valeureux candidats ». Mesdames, messieurs le créole est une langue savoureuse aux tournures exquises. Il est dans votre esprit aussi limpide que l’eau de roche. Il épouse bien les contours de vos pensées et est, comme outil de communication, pleinement capable de les formuler. Cessez de vous martyriser et de nous torturer: parlez créole! Faire le contraire n’est en rien un gage de compétence. Merci.

Élections mortelles

(c) WordPress
(c) WordPress

La simple évocation de la démocratie n’en fait pas une réalité, en ce sens que le système se donne à voir par la matérialisation de ses différents éléments. Ainsi, l’organisation honnête et périodique d’élections est une nécessité absolue à la mise en place et la pérennisation de tout système se revendiquant comme tel.

Pourtant, un terrible paradoxe poursuit cette vérité en Haïti depuis la chute de la dictature des Duvalierle 7 février 1986 : l’élection tue ! Encore lors des dernières joutes électorales de 2011 ayant porté dans la controverse M. Martelly à la tête de l’État, des citoyens et des biens publics et privés ont été engloutis à tout jamais dans la violence.

Cette violence gratuite ne s’attaque pas qu’au matériel, mais vise et atteint par extension l’idée, ou l’idéal démocratique. Conséquemment donc, c’est la démocratie naissante qui s’étouffe et se meurt de ces sempiternelles scènes sanglantes postélectorales.

C’est mal parti

Le pire, c’est que rien n’est fait pour définitivement briser ce cercle macabre et infernal. 2015 est consacrée année électorale. Il faut dire que ces élections devraient être organisées depuis près de 4 ans. Alors même que nous traînons cette tradition peu reluisante, on ne sent pas les actions imprégnées de cette volonté morale, responsable et citoyenne de tirer les conséquences des errances du passé pour construire l’avenir.

Déjà les contestations pleuvent et l’opprobre est jeté sur le Conseil électoral soupçonné d’être à la solde de l’exécutif. Déjà le dialogue est simulé quand les décisions sont déjà actées en amont. Déjà la mort se prépare alors que les élections devraient être les fleurs odorantes de l’arbre démocratique.

Haïti : Il est temps d’honorer Francois/Jean Claude Duvalier pour services rendus à la patrie

Quelqu’un m’a un jour dit que Haïti est une terre d’exception. Ce que j’entends et lis sur cette île a en effet de quoi ébranler les socles de la raison et de la décence.

François et Jean Claude Duvalier - Credit photo : Paroles en Archipel
François et Jean Claude Duvalier – Crédit photo : Paroles en Archipel

Venons-en au fait. Certains se seraient indignés que le grandissime bienfaiteur de la patrie plus connu sous le nom de Baby Doc remette au goût du jour son parti d’un temps passé paradoxalement présent : les merveilleuses années de la dictature. Dans la perspective des élections qui se profile, l’ancien éternel présumé coupable de crimes contre l’humanité se prépare à faire bonne recette et réhabiliter son image ô combien injustement ternie. Après tout, n’a-t-il pas raison ? Pourquoi n’aurait-il pas le droit de rehausser l’éclat de son nom si sali par nos mensonges, nos inventions de massacre ? Que savons-nous vraiment de ce qui s’est passé ?

Jean Claude Duvalier - Crédit Photo : Plongaye
Jean Claude Duvalier – Photo : Plongaye

Que les exaltés se taisent… que les pseudopatriotes, militants, partisans des droits de l’homme, victimes fantômes, etc. avec leurs visions surannées de l’histoire mettent la sourdine. Francois Duvalier et consorts sont pour les Haïtiens ce qu’Adolf Hitler est aux juifs. Un homme au grand cœur envoyé par le Bon Dieu pour nettoyer la terre des rebuts malsains qui la gangrène. Dommage que nombre d’entre nous ne comprennent toujours pas. Jésus n’a-t-il pas, dit-on, été crucifié alors qu’il nous voulait que du bien ?
Oui, il est temps d’honorer cet homme et toute sa descendance pour les services rendus à la patrie. Pourquoi ne pas élever au cœur de la ville de Port-au-Prince une imposante statue, à la hauteur de la compassion qu’il a témoignée pour ces ingrats et amnésiques haïtiens ? Il est temps que le monde sache, il est temps que les journaux, la télévision, internet diffusent la nouvelle, François Duvalier et ses acolytes ont été ce qu’il y a de plus fin, de plus sublime, de plus extraordinaire qui peuvent arriver à Haïti.

Des maisons incendiées avec leurs occupants, des dizaines de femmes, de filles et enfants éventrés, des hommes arrachés de la chaleur du lit de leurs femmes en pleine nuit pour ne plus donner signe de vie. Fort dimanche, ô douce maison de retraite anticipée où celui qui rentre n’en sort pas. Que de mères n’ont pas fini leurs deuils ? Que de fils, de filles pleurent encore leurs disparus ! Qui dit mieux ?

Liberté d’expression bâillonnée, régime de terreur, dictature de la pensée unique, pillage dans les caisses de l’État, misère, cerveaux contraints à l’exil, terreur institutionnalisée, exécutions sommaires, Tonton macoute, image répugnante de l’ile dans la communauté internationale. Qui dit mieux ?

Et avec ça, vous vous insurgez qu’il se réserve le droit de se présenter aux élections ? Ce grand nationaliste, pourfendeur, pardon, défenseur des valeurs de la république, qui a contribué au rayonnement de la Perle des Antilles ? Non, mais sérieusement ?

Francois Duvalier et Bill Clinton
Francois Duvalier et Bill Clinton

Je déclare officiellement, par les pouvoirs divins qui me sont conférés (Ne me demandez pas par qui. C’est divin), que les nations doivent se réunir à l‘ONU et consacrer un jour à la gloire d’Adolf Hitler, Pinochet, Francois/Jean Claude Duvalier et consorts, Staline, Bachar Al Assad et tous les autres grands mécènes de l’humanité, injustement salis, foulés au pied, répugnés et dégouttés à tort. Ce sera justice !