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La raison contre la barbarie

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(c) Courrier International

« Donnez-moi six lignes de l’écriture d’un homme, et je me charge de le faire pendre » est une formule fort évocatrice que l’on attribue volontiers à Laubardemont. Un peu pour signifier la frilosité de la parole écrite pouvant, par définition, être détournée, trahie et mésinterprétée!

Qu’en est-il alors des textes sacrés ? La plupart écrits depuis des centenaires, par différents auteurs en différents lieux et renfermant parfois des centaines de pages ?

Le philosophe français Michel Onfray a raison quand il postule que dans ces écrits (la Bible, le Coran, etc.), au-delà des interprétations, il y a matière à justifier les pires absurdités. Et aussi, des principes en parfaite cohésion avec la société moderne promouvant la paix, la tolérance, l’amour et l’altruisme.

Tout le travail est de décanter ce qui relève du principiel et du circonstanciel. Ce qui était propre à la culture d’une l’époque, ce qui, lié à une histoire aujourd’hui heureusement dépassée devrait ne pas être reproduit!

Ce travail d’adaptation du religieux au sens commun, à l’évolution de nos sociétés, aux lois et aux valeurs républicaines requiert que la « raison » ne soit plus persona non grata dans un espace où son absence engendre les pires catastrophes.

Ne pas prendre au pied de la lettre, nuancer, débattre, argumenter, réfuter les incohérences, autant d’acquis sociétaux que les religions gagneraient à s’approprier. Et ce travail revient d’abord aux responsables religieux dont le rôle est de guider, d’orienter.

Ensuite, il est impératif aujourd’hui de renforcer collectivement les anticorps de nos sociétés contre LES extrémismes! Il est admis aujourd’hui que l’apartheid de fait, la précarité, l’ignorance et l’inculture, les discriminations, le racisme jettent certains désespérés dans les bras de manipulateurs de tous bords.

On ne combat pas l’extrémisme par ses propres méthodes. La question n’est donc pas de déterminer quelle religion serait acceptable et quelle autre serait abominable, mais plutôt, de savoir comment, dans une société qui se dit démocratique, allons-nous faire pour que la laïcité ne soit pas une arme orientée contre une catégorie.

Comment bâtir l’édifice étatique sans sacrifier le droit d’être différent dans la diversité ? Comment apprendre aux plus jeunes le respect de cette richesse culturelle ?  Comment promouvoir l’égalité, économique notamment, et faire en sorte que personne ne se sente moins « national » que d’autres ? Autant d’interrogations sur lesquelles méditer sérieusement si nous voulons esquiver la guerre civile pour emprunter les sentiers du vivre ensemble dans l’harmonie et le respect du droit de chacun à s’autodéterminer.