Archives du mot-clé feminisme

Que révèle le festival féministe Nègès Mawon de la société haïtienne ?

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La marche artistique « feminis poukisa » organisée en marge du festival Nègès Mawon ce 20 juillet a fracturé l’opinion publique. Dans les médias traditionnels et sur internet, chacun y va de sa perspective. Il ne faut cependant pas s’y méprendre : quand certains remettent en question l’opportunité de la démarche, ses objectifs et les résultats escomptés, d’autres y découvrent l’occasion de déverser leur fiel sur un mouvement féministe qui au mieux serait incompatible avec la « culture haïtienne » quand il n’est au pire un complot ourdi par les sbires occidentaux pour pervertir la jeunesse du pays. Continuer la lecture de Que révèle le festival féministe Nègès Mawon de la société haïtienne ? 

Une affiche dénoncée porno exaspère la ville des Cayes

(c) Widlore
(c) Widlore Mérancourt

Une affiche publicitaire géante pour la boisson énergisante « RED » focalise l’attention de certains et crée le malaise chez de nombreux citoyens de la ville des Cayes (Sud d’Haïti). Placé à l’entrée de la cité touristique, un des quatre « billboards » de la série a subi les foudres d’un mécontent qui a aspergé de peinture bleue la partie visible du bas ventre de la femme estimée en trop. Continuer la lecture de Une affiche dénoncée porno exaspère la ville des Cayes 

Ce féminisme au service du sexisme

Hillary Clinton
Hillary Clinton

Ce serait historique. Les États-Unis pourraient élire en 2016 leur première femme présidente. Après 44 chefs d’État, tous hommes, ce « serait un sacré changement » insiste Hillary Clinton. L’ancienne première dame sous la présidence de Bill Clinton (1993 –2001) et secrétaire d’État dans l’administration de Barack Obama (2009 –2013) est la seule femme en lice pour le parti démocrate et pour l’ensemble de ce processus présidentiel après l’abandon de Carly Fiorina, candidate aux primaires du parti républicain. Continuer la lecture de Ce féminisme au service du sexisme 

Et si l’affaire Rutschelle était plus grave que cela ?

L'artiste Rutschelle
L’artiste Rutschelle

Certains sujets sociétaux pris dans l’engrenage médiatique en viennent à troquer leur essence au profit d’une modalité du divertissement faisant de la vie privée de certains individus un sujet de débat public. Le cas Roody Rutshelle est la parfaite illustration de la superficialité contemporaine amplifiée par les réseaux sociaux. Il nous enseigne comment un problème de dignité humaine jeté en pâture aux commentaires salaces peut détourner l’attention du plus grand nombre sur l’urgence de sa résolution pour le développement intégral de la nation. Plus profondément, il s’agit d’évaluer l’importance de la parole individuelle dans les grands forums virtuels. Que vaut l’unanimité quand elle prend ses préjugés pour de la pensée ? Continuer la lecture de Et si l’affaire Rutschelle était plus grave que cela ? 

La prostitution, métier ou esclavage ?

(c) theprisma.co.uk
(c) theprisma.co.uk

Une femme a un jour répliqué à Jean-Luc Mélenchon* qui se demandait si l’abolition de la prostitution était ou non une position juste : « Pour répondre à ta question, demande toi si tu proposerais la prostitution comme métier à ta compagne, ta mère, ou ta fille ? Oui ou non ? Pourquoi ce dont tu ne voudrais en aucun cas pour les tiens le proposerais tu aux autres ?

A la manière d’un politicien, j’ai longtemps enrichi mes propos de nuances et bâti des stratégies astucieuses pour ne pas avoir à me prononcer sur la prostitution. Ma retenue était aussi nourrie par le désir de ne pas changer d’avis si en aval, mes réflexions me conduisaient à prendre une position contraire. Craignant l’usure, j’ai toujours préservé jalousement mon « droit de me contredire ».

La repartie de cette dame a interpellé en moi des convictions aussi profondes que fondamentales. Non. Jamais je ne proposerais la prostitution à quiconque. Encore moins à mes proches. Non, définitivement pour moi, la prostitution ne peut être un métier « normal ».

Être amené a l’extrémité qui consiste à monnayer son corps est pour l’humaniste que je suis d’une violence insoutenable**. La détresse qui caractérise ces rapports sexuels « tarifés » exclut l’exercice de toute liberté. Des prostitués*** en situation économique délicate ne se tournent vers le plus vieux métier du monde que par la contrainte et l’échec d’un système politique qui n’a pas su leur offrir d’alternatives viables.

Que dire de celles ou de ceux qui s’y livrent par subversion ?

Certaines femmes, c’est d’ailleurs une thèse soutenue par quelques féministes, feraient de la prostitution pour se rebeller. Prendre leurs revanches sur une société policée contraignant la femme dans ses choix même les plus intimes. De là, je me demande comment peut-on rester maître de son corps tout monnayant son usage ? En quoi est-ce que l’objetisation du corps humain en « gadget sexuel » est-elle conforme à l’idéal d’émancipation féministe ?

On se targue souvent d’être libre quand les ficelles de nos actions sont invisiblement tirées par des mécanismes complexes qui nous échappent. On pétarade de la possession d’un vent. Comme l’a dit le poète Souleymane Diamanka, faire l’amour, c’est ne plus ressentir la différence entre donner et prendre du plaisir. Dans la prostitution il n’y a pas cet aller-retour. Il n’y a qu’égoïsme et traumatisme contre argent. Peut-on en toute bonne foi appeler cela travailler ?

* Personnage politique français
** J’aurai à clarifier ma pensée prochainement, notamment en ce qui consiste à savoir s’il faut ou non protéger les dits travailleurs (ses) du sexe.
*** Homme ou femme