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Sur le prix du jeune journaliste haitien de l’OIF

J’ai été agréablement surpris d’apprendre dans la soirée de jeudi 22 septembre que j’étais le lauréat du « Prix du jeune journaliste haïtien » de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Catégorie : Presse écrite). 

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En premier lieu, on est foudroyé par la nouvelle. Dans un bref moment de félicité, on se sent soulevé de terre, on flotte et on nage dans le bonheur le plus simple et le plus complet.

Puis, on se rappelle son mouvement originel de ne pas participer à ce concours. Doucement, remontent à la surface ces raisons logiques, sensées et froides qui ont entravé une décision tardive, mais aujourd’hui récompensée.

Évidemment on se sent honoré d’être aux côté de ces cinq jeunes qui, à l’aube de leurs carrières, éclaircissent déjà l’horizon de l’information responsable en Haïti.

On se sent surtout estimé d’être parmi la cinquantaine d’autres participants qui partagent cette vision d’une presse éthique, plurielle, moderne, intelligente et démocratique.

Mais qu’est-ce qu’un concours, sinon que la « photographie d’un moment» dans le travail, dans la carrière d’un ouvrier ? Comment restituer en un texte un quotidien, une vie dévouée au service de la parole juste et utile ? Le mérite n’est-il pas aussi et surtout dans la constance, l’honnêteté et l’engagement de tous les participants à démêler un présent toujours plus complexe, à inspirer les décisions éclairées ?

Et vient le calme. On s’explique qu’à travers soi, c’est une conception, un idéal, un désir de réforme qu’on met en avant. On comprend que cette reconnaissance n’est pas un aboutissement pour nous qui avons encore l’horizon brumeux à affronter. On prend conscience que ce prix du « Jeune journaliste en Haïti » de l’OIF n’est pas un bien, ni même une distinction, mais une injonction, une perche tendue à cette jeunesse insoumise, à cette génération qui veut saisir son avenir par les brides et l’orienter vers des lendemains fleuris et bienheureux.

Et l’on sourit à la responsabilité. Tel le manœuvrier exalté par l’immensité de la tâche, on considère l’obligation de porter maintenant, demain et après les idéaux de la francophonie, une façon de voir le monde, de s’y inscrire et de forger son destin personnel et collectif.

Puis on flotte à nouveau… pour nager dans le bonheur le plus simple, le plus complet qui soit.