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5 raisons de participer à Élan Haïti 2016

Élan Haiti 2014
Élan Haiti 2014

Certains admiraient avec envie les photos et articles postés sur la toile, d’autres se bousculaient pour féliciter les initiateurs et participants au projet alors que des dizaines d’autres se languissaient de pouvoir à leur tour prendre part à ce forum qui à date, reste l’unique et le premier symposium international de jeunes en Haïti. Élan Haïti 2014 a été un succès éclatant ! Élan Haïti 2016 s’inscrit dans la confirmation et le renforcement de cet héritage. Portée par le groupe ÉCHO, voilà en 5 mots, 5 raisons qui feront de l’édition 2016 de ce forum une occasion richement unique. Continuer la lecture de 5 raisons de participer à Élan Haïti 2016 

Qui prendre pour modèle en Haïti ?

Dany Laferriere - (c) lenouvelliste.com
Dany Laferriere – (c) lenouvelliste.com

Le syndrome de la feuille blanche noircit mon jugement chaque fois que l’envie me prend d’écrire sur ma génération. Pourtant, le propos de ce billet est simple et positif : les jeunes en Haïti ne manquent pas de modèles. Je sais que c’est le raccourci privilégié pour expliquer pourquoi certains d’entre nous confondent bêtise et intelligence, préfèrent l’incontinence, la débauche au dur labeur. Mais je vois autour de moi trop de repères pour laisser cette conclusion obstruer la réalité qui s’offre à moi dans toute sa splendeur. Continuer la lecture de Qui prendre pour modèle en Haïti ? 

Ma génération ne périra pas !

(c) Image Henry-Luc Charles
(c) Image Henry-Luc Charles

Quand tout autour de soi s’écroule, la tentation de ne voir dans le réel que désespoir à travers les prismes déformés par notre désarroi peut amener à des conclusions inconsidérées. Ici, plus qu’ailleurs, la modération s’impose. Le recul et l’analyse rationnelle des phénomènes doivent s’extirper du sensationnalisme, des raccourcis faciles et conventionnels. Il n’y a que de cette façon qu’on puisse élever et faire progresser le débat.

Même ma génération a convenu de ne voir en son sillage hésitant, non conformiste et parfois incompréhensible, que désespoir, honte et matière à dénigrement. Une conclusion que j’ai appris à intérioriser m’élevant au passage avec mes rares semblables en avatar exceptionnels d’une race en décadence.

Ce curieux édifice s’est (heureusement) effondré ce samedi 11 octobre 2014 à la suite d’un débat à la bibliothèque de l’IPDEC des Cayes. Le sujet que je devais animer avec la soixantaine d’élèves en terminale de certaines écoles de la ville portait sur l’opportunité de pénaliser l’homosexualité.

En toute sincérité, je m’attendais à une bouillie indigeste d’ostentations religieuses plus ou moins saupoudrées d’hypothétiques considérations morales fragiles et non profondes théoriquement.

J’ai eu honte. Honte de moi. Honte de mon ignorance et de mon enfermement !

Avec ces jeunes qu’on prétend ne s’intéresser qu’aux œuvres impopulaires de la chair, j’ai eu droit à de riches prestations dignes des meilleurs débats internationaux. Des répliques construites, argumentées et des thèses défendues avec élégance et dialectique. Des statistiques, des théories planant au dessus de l’obscurantisme (religieux surtout) que trainent ces sujets problématiques.

Alors oui ! Il y a de l’espoir. Je veux bien avec cette preuve croire que la débauche et l’incontinence qui gangrène le corps social épargne la tête qui pense silencieusement une sortie viable pour le reste de ses membres. On aurait tort de supposer qu’il y a incompatibilité entre les jeux vidéos, les réseaux sociaux, les séries télé, les films et la science, la rationalité et le raisonnement. Certains jeunes se sont égarés, certains titubent à la recherche d’un point d’appui quand d’autres avec brio font honneur au pays, mais tous sont différents ! La force brute de la rivière peut détruire des villes ou électrifier un pays. Tout est de savoir la canaliser !

Monsieur le candidat, votre slogan me dérange

 

(c) europe1.fr
(c) europe1.fr

Les petites phrases ne sont jamais innocentes. Surtout pas en politique. Presque partout, à chaque période électorale, les aspirants au pouvoir mettent toute leur énergie à trouver comment percuter, rassembler. Certains sont inspirés. D’autres moins. Mais tous partagent la même envie : briguer le pouvoir. Pourquoi ? La réponse n’est pas si évidente que vous le croyez.

C’est ainsi qu’en Haïti, depuis la dernière présidentielle, un slogan semble avoir fait mouche : jèn* kore jèn. Se regroupent sous cette formule de jeunes candidats surfant sur le pourcentage non négligeable de l’électorat se situant entre 18 et 35 ans.

Seulement, ce cri de ralliement n’est pas de nature à plaire à tous. Surtout pas à moi, et ce, pour au moins trois raisons :

1- La politique et l’engagement citoyen sont l’affaire de tous. Jeune. Vieux. Noir. Blanc. Riche. Pauvre. Sectariser, c’est fractionner, opposer et exclure. Le discours politique pour moi est celui qui rassemble au-delà des apparences autour de l’idée, du projet de société. Il n’est pas question que mon jeune âge soit mon unique critère de vote.

2- Faire appel à la jeunesse c’est bien, mais faire appel à son esprit critique est encore mieux. Le faciès, le sexe, l’origine ou la condition économique ne détermine pas un candidat comme disent certains aînés. En plus, quand on est élu, on l’est pour l’ensemble du pays. Même engagé aux côtés d’une frange, l’intérêt général doit être la boussole. Hélas, la jeunesse est souvent l’argument palliatif à la vacuité des propositions concrètes et des projets de société.

3- Occuper un poste politique électif (président, sénateur, député, etc.) n’est pas se doter d’un job au sens classique du terme. La conception mercantile et corrompue que renvoie la classe dirigeante gérontocrate a fini par altérer le jugement des plus jeunes de la sphère du pouvoir qui, de l’extérieur, nourrit les fantasmes rampants de richesse et de mobilité économique.

Faire de la politique, c’est se mettre au service de sa communauté, de son pays, parfois, au détriment de ses propres intérêts. A trop vouloir devenir riche par tous les moyens, certains y ont laissé leur dignité, concept fort subtil pour quelques pro-fessionnels du milieu. Alors merci. Epargnez-moi donc ce raccourci sensationnaliste m’économisant toute pensée constructive. Je ne pousserai pas pépé dans les orties au profit de son sosie plus vorace.

Je suis jeune. Certes. Mais je ne vais pas voter jeune pour être en conformité avec ma condition. Aux commandes, vos idées, votre programme, votre vision du monde et de la moralité vont influer mon pays, ma jeunesse et ma vie. Les voilà mes critères. Convainquez-moi !

* « Les jeunes doivent se supporter » ou, les « jeunes votent jeune » pour certains