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Comment les artistes haïtiens peuvent s’inspirer de Prince ?

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La radicalité ne peut être tiède. Son essence est de pousser jusqu’à l’extrême une pensée, la triturer et la démanteler. En solitaire dans sa singularité ou en entraînant la multitude vers d’autres horizons, c’est d’elle que vient le salut social. S’il faut des moutons pour stabiliser et rendre pérenne la collectivité, il faut aussi des originaux, des marginaux dont l’insolence n’a d’égal que le courage pour tâter de nouveaux terrains et tester des propositions novatrices. Ce faisant, ces esprits singuliers renvoient la société à ses travers ou confirment ses vertus. Ils introduisent de nouvelles normes ou rendent l’amendement de celles existantes inéluctable. Continuer la lecture de Comment les artistes haïtiens peuvent s’inspirer de Prince ? 

Charles Jean Wilbert , à cote de son fils, mon ami Charles Alphonse Will
Charles Jean Wilbert , à cote de son fils, mon ami Charles Alphonse Will

Ce n’est pas aux philosophes grecs que j’ai pensé. Ni à Montaigne, encore moins à Cicéron. La philosophie n’apprend pas à mourir et personne ne peut apprendre à se séparer de ses proches sans perdre son humanité. Cette vérité existentielle est inscrite dans notre ADN. La mort s’installe au cœur même de la vie. Les subterfuges les plus astucieux ne pourront contourner cette fatalité ! Continuer la lecture de Reposez en paix 

Élections mortelles

(c) WordPress
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La simple évocation de la démocratie n’en fait pas une réalité, en ce sens que le système se donne à voir par la matérialisation de ses différents éléments. Ainsi, l’organisation honnête et périodique d’élections est une nécessité absolue à la mise en place et la pérennisation de tout système se revendiquant comme tel.

Pourtant, un terrible paradoxe poursuit cette vérité en Haïti depuis la chute de la dictature des Duvalierle 7 février 1986 : l’élection tue ! Encore lors des dernières joutes électorales de 2011 ayant porté dans la controverse M. Martelly à la tête de l’État, des citoyens et des biens publics et privés ont été engloutis à tout jamais dans la violence.

Cette violence gratuite ne s’attaque pas qu’au matériel, mais vise et atteint par extension l’idée, ou l’idéal démocratique. Conséquemment donc, c’est la démocratie naissante qui s’étouffe et se meurt de ces sempiternelles scènes sanglantes postélectorales.

C’est mal parti

Le pire, c’est que rien n’est fait pour définitivement briser ce cercle macabre et infernal. 2015 est consacrée année électorale. Il faut dire que ces élections devraient être organisées depuis près de 4 ans. Alors même que nous traînons cette tradition peu reluisante, on ne sent pas les actions imprégnées de cette volonté morale, responsable et citoyenne de tirer les conséquences des errances du passé pour construire l’avenir.

Déjà les contestations pleuvent et l’opprobre est jeté sur le Conseil électoral soupçonné d’être à la solde de l’exécutif. Déjà le dialogue est simulé quand les décisions sont déjà actées en amont. Déjà la mort se prépare alors que les élections devraient être les fleurs odorantes de l’arbre démocratique.

Noces mortelles

(c) voxfnredekker.com
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La salle est pleine. Bondée de gens. Ma famille, sa famille, des amis et surtout des inconnus. Leurs visages, partagés entre la gravité du moment et la joie de rigueur confèrent à l’événement une allure funeste. Un pas après l’autre, je marche, titube dans les bras de mon père vers la fin de ma jeunesse. Vers ma fin.

Á l’autre bout de cette ruelle sans fin, il est là. Immobile, le visage trop jeune pour cacher son inquiétude. En vérité, aucun d’entre nous n’a envie d’être là. Dans le silence des désirs inavoués, la voix ajoute au manque. L’exacerbe. Ni lui, ni moi ne voulons de cette destinée. Mais qu’est-ce la volonté devant la violence des conventions sociales ?

Doucement, il me prend la main. Comme ces dizaines de fois où, dans le plus grand secret, il m’emmenait sur la plage. Les cheveux dans le vent, du sable dans nos rêves, on s’aimait dans l’innocence. Juste pour le plaisir d’être aux yeux de l’autre. Nos baisers étaient aussi profonds que le bleu de la mer. Nos caresses épousaient le mouvement houleux des vagues. Doucement, lentement, on s’était laissé aller. Jusqu’à il y a quatre mois. Quand j’ai ratée mon rendez vous mensuel. J’ai tout de suite su que plus rien ne sera comme avant.

Dans ses bras, je vacille. De grosses gouttes de larmes perlent sur mes joues joufflues. Allons-nous d’ici ai-je envie de lui crier. Qu’y a t-il de plus honteux entre refuser d’assumer un fardeau trop grand pour ses frêles épaules et faire souffrir le martyr éternel à un innocent ? Où se trouve l’infamie ? Pourquoi ne puissions nous pas simplement… aimer ?

D’une mine résignée, le celebrant nous lance des regards coupables. Une cloche sonne. Chaque coup sourd vient se cogner avec violence dans ma tête. Je sens une rumeur derrière mon dos. La foule se soulève. Le prêtre lève les yeux vers ciel, étend son bras et égrène théâtralement les premiers mots du reste de ma sombre vie.