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Comment les artistes haïtiens peuvent s’inspirer de Prince ?

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La radicalité ne peut être tiède. Son essence est de pousser jusqu’à l’extrême une pensée, la triturer et la démanteler. En solitaire dans sa singularité ou en entraînant la multitude vers d’autres horizons, c’est d’elle que vient le salut social. S’il faut des moutons pour stabiliser et rendre pérenne la collectivité, il faut aussi des originaux, des marginaux dont l’insolence n’a d’égal que le courage pour tâter de nouveaux terrains et tester des propositions novatrices. Ce faisant, ces esprits singuliers renvoient la société à ses travers ou confirment ses vertus. Ils introduisent de nouvelles normes ou rendent l’amendement de celles existantes inéluctable. Continuer la lecture de Comment les artistes haïtiens peuvent s’inspirer de Prince ? 

Quelle politique face à la souffrance et l’indignité ?

TKevin Carter Prix pulitzeroute politique non fondée sur l’humain, le respect de la dignité et l’espoir, que dis-je, le combat pour une vie meilleure de chaque citoyen est tout, sauf une politique juste. J’ai récemment lu dans le numéro 1192 de “Courrier international” le tollé qu’a fait la “loi sur la sécurité alimentaire” se proposant de garantir à plus de 800 millions d’Indiens l’accès aux denrées de base à prix subventionné.

Une grande partie de l’élite avide les yeux moins rivés sur la souffrance et la détresse d’une grande partie de la population que sur ses bilans comptables a crié haro sur ladite loi prétextant entre autres un risque d’aggravation du déficit budgétaire.

C’est ce qui arrive quand la politique est l’apanage de technocrates, d’économistes impitoyables et de privilégiés inhumains qui perdent de vue le vrai but de l’institution étatique qui est de favoriser la justice sociale et la (re) distribution des richesses. On peut dépenser pour la défense, les escalades belliqueuses au mépris de la souveraineté des États du monde, les pérégrinations et séjours en famille dans les hôtels de luxe sur le dos du contribuable (plus près de nous), mais c’est risqué de faire plonger les chiffres par le bas quand il s’agit d’améliorer la vie de millions de gens croupissant dans l’indigence.

Qu’on ne voit pas dans ce texte un acquiescement aux programmes suintant le populisme et l’assistanat que vend l’actuel gouvernement (Ti manman chéri, Ti papi chéri et compagnie). Je l’ai toujours soutenu et je tacherai d’être cohérent là dessus : “Ce n’est pas à coup de 1500 gourdes par mois à moins de 40 000 mères dans un pays de plus de 10 millions d’habitants que vous améliorerez la vie de nos familles. De tels projets, s’ils soulagent certains, frustreront la majorité tout en laissant irrésolu le vrai problème qui est la “pauvreté extrême”. Problème fort complexe qu’il faut aborder avec des solutions sérieuses à court/long terme.

En ce qui a trait au fameux Kore Etidyan, dont par éthique je dois préciser en être bénéficiaire, je crois que chacun sait le passé bruyant et subversif de nos étudiants expliquant la bienveillance anticipatrice et annihilante de nos dirigeants.

Nos leaders ne peuvent plus continuer à vivre dans une tour d’ivoire, dans leurs discours étriqués et formules soporifiques au mépris de la souffrance et l’indignité réelle dans lesquelles végète la population. Comme le disait Harish Khare : « Le projet étatique est un pacte social fondé sur la promesse de l’égalité pour tous ».