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Haïti : « Papa bon cœur », un slogan dangereux

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Bienvenue à Gressier Martelly « Papa Bon Coeur » le sauveur d’Haïti, je suis avec vous, 77 fois et 7 fois : « Tèt Kale »

A côté de l’inventivité ou du ridicule qu’ils peuvent révéler, les slogans en temps de campagne électorale sont un bon moyen de révéler les idéologies structurant la pensée des candidats que parfois, partage une bonne partie de la société.

Je me suis donc amusé à les lire, les répertorier et les analyser. La tendance qui s’est révélée majoritaire cette année (au moins pour le Sud) est le fait pour les candidats, sous des appellations différentes, de se décrire en père et mère de famille.

Dès lors, la société serait d’après la lecture qu’en ont faite ces derniers, une famille élargie avec des citoyens transformés en adolescents et des dirigeants cessant d’être sénateurs, députés ou présidents, mais de véritables « papas bon cœur ». Continuer la lecture de Haïti : « Papa bon cœur », un slogan dangereux 

Monsieur le candidat, votre slogan me dérange

 

(c) europe1.fr
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Les petites phrases ne sont jamais innocentes. Surtout pas en politique. Presque partout, à chaque période électorale, les aspirants au pouvoir mettent toute leur énergie à trouver comment percuter, rassembler. Certains sont inspirés. D’autres moins. Mais tous partagent la même envie : briguer le pouvoir. Pourquoi ? La réponse n’est pas si évidente que vous le croyez.

C’est ainsi qu’en Haïti, depuis la dernière présidentielle, un slogan semble avoir fait mouche : jèn* kore jèn. Se regroupent sous cette formule de jeunes candidats surfant sur le pourcentage non négligeable de l’électorat se situant entre 18 et 35 ans.

Seulement, ce cri de ralliement n’est pas de nature à plaire à tous. Surtout pas à moi, et ce, pour au moins trois raisons :

1- La politique et l’engagement citoyen sont l’affaire de tous. Jeune. Vieux. Noir. Blanc. Riche. Pauvre. Sectariser, c’est fractionner, opposer et exclure. Le discours politique pour moi est celui qui rassemble au-delà des apparences autour de l’idée, du projet de société. Il n’est pas question que mon jeune âge soit mon unique critère de vote.

2- Faire appel à la jeunesse c’est bien, mais faire appel à son esprit critique est encore mieux. Le faciès, le sexe, l’origine ou la condition économique ne détermine pas un candidat comme disent certains aînés. En plus, quand on est élu, on l’est pour l’ensemble du pays. Même engagé aux côtés d’une frange, l’intérêt général doit être la boussole. Hélas, la jeunesse est souvent l’argument palliatif à la vacuité des propositions concrètes et des projets de société.

3- Occuper un poste politique électif (président, sénateur, député, etc.) n’est pas se doter d’un job au sens classique du terme. La conception mercantile et corrompue que renvoie la classe dirigeante gérontocrate a fini par altérer le jugement des plus jeunes de la sphère du pouvoir qui, de l’extérieur, nourrit les fantasmes rampants de richesse et de mobilité économique.

Faire de la politique, c’est se mettre au service de sa communauté, de son pays, parfois, au détriment de ses propres intérêts. A trop vouloir devenir riche par tous les moyens, certains y ont laissé leur dignité, concept fort subtil pour quelques pro-fessionnels du milieu. Alors merci. Epargnez-moi donc ce raccourci sensationnaliste m’économisant toute pensée constructive. Je ne pousserai pas pépé dans les orties au profit de son sosie plus vorace.

Je suis jeune. Certes. Mais je ne vais pas voter jeune pour être en conformité avec ma condition. Aux commandes, vos idées, votre programme, votre vision du monde et de la moralité vont influer mon pays, ma jeunesse et ma vie. Les voilà mes critères. Convainquez-moi !

* « Les jeunes doivent se supporter » ou, les « jeunes votent jeune » pour certains